Saison 7

THANKSGIVING

« I am thankful for being alive and still standing up after all I’ve been through. I am thankful to have people around me that care for me as much as I care for them, I am thankful to feel loved.”

L’Américaine dans l’âme que je suis ne pouvait pas faire l’impasse sur Thanksgiving. Une fois, j’ai été couronnée ‘Dinde de l’année’ par Zane venue à Paris presque spécialement pour partager ce grand moment de convivialité. Pas peu fière d’avoir passé ma journée aux fourneaux pour un résultat assez époustouflant, si j’en crois les retours…

 

Samedi 28 novembre 2020 # DECONFINEMENT PRESQUE J+1

Une semaine qui s’annonçait à priori très calme pour moi. J’avais jeté l’ancre dans une petite crique et ballotée doucement par le ressac, j’avais juste envie de buller en contemplant les cormorans. Je commençais à m’habituer à mon extrême solitude quand mardi midi Andrew est passé me faire un petit coucou après un rendez-vous professionnel dans le quartier.

Autant dire que j’étais ravie de voir mon Yang. Un grand moment de complicité et d’échange. On a parlé notamment de mon TPB, de Bradley, de ma vie en ce moment et je me suis même laissée aller à des confidences, du genre ‘T’ar ta gueule à la récré si tu le répètes à quiconque’… Bref, ça m’a fait un bien fou. Et de savoir qu’il va peut-être être embauché à 800 mètres de chez moi, bah je suis bien contente.

Et dans l’après-midi du même jour, un appel de Bradley : « Bah en fait, je ne pars plus, c’est décalé à janvier. J’attendais d’avoir la confirmation pour t’appeler. Veux-tu que je te rejoigne ? »

J’ai dit oui. Une impulsion, pas réfléchi une seconde, juste suivi la vibe, même si j’ai bien pressenti le bordel que cela allait engendrer, moi qui comptais sur cette latence pour faire le point sur ma vie. Mais bon, pas affolée pour autant. Etrange. En fait, je me suis dit « On verra. »

Et depuis, bah il est là. Adorable. Frétillant. Limite amoureux avec ses ‘chérie’ par-ci ‘chérie’ par-là et sa spontanéité après que je lui dise qu’il n’avait pas de comptes à me rendre : « Bah on avance ensemble ou pas ? »

Moi, je suis sereine. D’une légèreté assez déconcertante, je dois dire. Un peu empruntée tout de même à faire matcher mon quotidien avec le sien, je tourne d’ailleurs assez souvent comme un poulet sans tête dans l’appartement mais globalement, ça se passe bien, on passe même de très bons moments.

On a par exemple fait la cuisine ensemble dans la joie et la bonne humeur pour le fameux dîner de Thanksgiving jeudi. Une première pour lui ! Je l’ai donc intronisé à la gastronomie outre-Atlantique avec un seul mot d’ordre : faire péter le bouton du jean en fin de repas. Ce qui a été le cas. Même s’il n’y a pas eu de dinde de 8 kilos, hein…

Il y a aussi de grands silences entre nous. Rien de pesant, juste des temps où ni l’un ni l’autre n’ouvre la bouche. Pour lui, je pense que ce sont de simples pauses dans le flot de paroles dont il m’arrose copieusement. Pour moi… bah en fait, j’ai rien à dire. Et c’est là que je me dis que l’on n’a décidément pas grand-chose à échanger. Je l’écoute patiemment me parler de ses trucs à l’armée, de ses bouquins, de ses projets, ce n’est pas que cela ne m’intéresse pas mais je suis souvent à dix-mille lieues sur ma planète….

Est-ce parce qu’il m’a souvent rembarrée lorsque j’ai parlé de mes trucs à moi que maintenant je me tais ? Peut-être, oui. Mais je me rends compte surtout que l’on est vraiment aux antipodes l’un de l’autre. Cela ne me chamboule pas plus que ça, c’est une simple observation.

Pas de méprise, quand j’ai dit oui mardi, c’est parce que j’avais vraiment envie de le voir et je suis très heureuse qu’il soit là. Je me laisse porter, j’observe en dilettante, sans réflexion intensive derrière. Je ne mouronne pas, d’ailleurs, pas un seul coup d’élastique depuis ha ha ha !

C’est sûr maintenant, la paroxétine fait le job. Je prends aussi des cachets phyto contre le stress, une infusion Nuit Calme le soir et toujours de la mélatonine avant de me coucher. Plus zen que moi, tu meurs. Plus d’angoisses abyssales, plus de montées d’adrénaline, plus de fixations mortifères. En plus, je ne dors pas si mal que ça et je ne fais plus de cauchemars.

Ça pourrait être le paradis. Je le vois plutôt comme une petite crique tranquille sur laquelle je suis venue m’échouer. Mais l’envers du décor, c’est que je me suis tellement anesthésiée que je ne sens plus rien. Un vrai marbre. Et bien sûr, plus de vibration, plus de ressenti, nada.

Bon, c’est ce que je voulais, la paix. Mais je ne pensais pas que cela m’insensibiliserait à ce point et au-delà de ça, que cela affecterait mon don…. D’où mon interrogation : mon don ne serait-il que la résultante d’une transe psychotique ? En gros, pour être medium-empathe, faut-il que je sois aussi borderline schizophrénique ?

Ou peut-être que je n’ai pas de don du tout. Que je ne suis qu’une camée névrotique et mythomane qui croit à ses propres hallucinations… Bref. Me voilà devenue un bout de bois placide.

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