« Une mini-tornade sur des kilomètres !
Suivant deux couloirs traversés par des vents à plus de 100 km/h certainement, de Pampa-Les-Bains à Saint-Tataouine, une tempête à la dureté d’une tornade a causé d’impressionnants dégâts, hier jeudi 27 août en début de soirée. Fort heureusement, aucun blessé n’a été à déplorer.
L’épisode a duré d’un quart d’heure à une demi-heure et a laissé derrière lui un spectacle de désolation. Arbres abattus ou sectionnés, toitures endommagées ou soufflées, tôle de hangars écroulées et envolées, inondations, électricité coupée : les stigmates ont été observés jusqu’aux portes de … »
Oui, j’étais dessous, merci.
Samedi 5 septembre 2026
J’en suis encore toute décoiffée ! Et comparé aux dégâts reportés, je ne m’en sors pas si mal avec seulement internet en vrac et ce que je vais vous raconter…
Jeudi 27 août donc, en fin de journée, j’ai décidé d’aller repiquer ma rose de Noël dans le jardin. Ouais, je sais, une rose de Noël en août. Bref, le ciel était déjà bien chargé mais je me suis dit que j’avais le temps avant la prochaine drache.
Qui n’a pas tardé à tomber. Au début, sporadique, puis très vite, lourde et drue. J’ai alors plié les gaules et je me suis réfugiée sous l’un de mes appentis. Au moins, me suis-je dit, j’allais pouvoir observer grandeur nature le cheminement de l’eau sur les tôles et dans les gouttières.
Puis sont tombées des trombes d’eau, accompagnées d’un vent à décorner les cocus. J’ai même vu se former un véritable tourbillon dans le jardin et là, je me suis tout de même demandé s’il était très judicieux de rester sous un appentis fraîchement reconstruit, couvert de tôles tenues par trois clous et 2 gros cailloux, en attendant tranquillement de savoir s’il allait résister ou pas.
J’ai également considéré ce qui pouvait éventuellement m’arriver sur le coin du nez : ma serre en plastique, certes, mais avec une armature métallique ; une tôle, donc ; une branche ; voire le pommier tout entier si celui-ci décidait de se déraciner.
J’ai donc commencé à reculer.
D’abord sous le deuxième appentis, puis vers la porte latérale du garage, jusqu’à finir complètement à l’intérieur. À un moment, j’ai même eu du mal à refermer la porte coulissante tant le vent poussait. J’ai alors attendu quelques minutes que ça se calme, en me demandant ce que j’allais retrouver dehors.
Puis, je me suis retournée… Et là, je n’ai pu m’empêcher de pousser un cri d’effroi : mon garage était inondé !
La pluie, poussée quasiment à l’horizontale par le vent, s’engouffrait sous la porte basculante à flots continus jusqu’à former une sacrée piscine, notamment sous mon banc… en bois.
Me voilà donc repartie dans la tempête pour chercher deux parpaings au fond du jardin afin de rehausser le banc. Ensuite, il a fallu écoper. Avec… une mini-raclette de pare-brise ! C’est le seul truc, vaguement efficace, que j’avais sous la main.
Oh même si j’avais eu une raclette digne de ce nom, ça n’aurait pas été mieux : essayez d’évacuer de l’eau que le vent s’emploie consciencieusement à renvoyer…
Bref, la tempête passée et une bonne heure à finir de tirer l’eau dehors, je suis allée voir le jardin… Super bonne nouvelle : rien n’a bougé ! L’appentis, les tôles, la serre, le pommier, rien n’a bronché. À part les transats qui eux sont allés faire un tour cinq mètres plus loin.
Et de retour sur la terrasse, vaguement inquiète, je constate avec soulagement que les flots de pluie ne se sont pas déversés sous la porte de la cuisine. Excellent boulot de Raoul avec sa dalle-béton pentue là où il faut !
Donc, voilà, crash-test tempête : globalement, que du positif !
Et pour finir mes vacances qui décidément ont très mal porté leur nom cette année, je me suis attaquée à mon ménage Armageddon, avec la ferme intention de tout faire briller du sol au plafond.
J’avais notamment décidé de repasser du rénovateur sur les parquets. Cela aurait dû être une opération relativement anodine si mon balai applicateur n’avait pas choisi bah de décéder : douche de pieds au rénovateur donc, avec aspersion sur les murs et plinthes du palier.
Aspersion que j’ai découverte bien évidemment trop tard le lendemain matin, une fois le produit bien sec et sans plus aucune envie de repartir.
Après quelques tentatives, j’ai décidé que je n’avais ni le temps ni l’envie de passer quinze heures à gratter chaque projection : je recouvrirai tout simplement le bas du mur avec un lé horizontal de vinyle adhésif imitation claustras. À problème pénible, solution de feignasse créative.
Et dimanche à 19h, après deux jours d’intense labeur, j’ai enfin posé les armes. Et là, je suis restée béate de contentement. Ma maison était propre. Mais vraiment propre. Les parquets avaient retrouvé une jolie tête au final, tout avait été aspiré, lavé, frotté, rangé, dépoussiéré et désaraignéisé.
Après des mois de travaux, de poussière, d’allées et venues les pieds sales, de cartons, de jardinage et de bricolage, j’ai enfin eu cette sensation merveilleuse de regarder autour de moi et de voir non plus une maison dans laquelle il restait toujours quelque chose à faire avant qu’elle soit présentable, mais ma maison, propre, rangée, jolie et terminée — ou presque.
Mais j’étais également complètement rincée. Et le lendemain matin, le réveil a sonné à 6h pour retourner au boulot.
Autant dire que la reprise a été douloureuse.
J’ai vraiment traîné des savates. Trois semaines loin de mon nid de vipères n’ont pas miraculeusement changé ce que je pense de mon environnement professionnel et le fait d’être partie en vacances sur une non-augmentation que je n’ai toujours pas digérée, n’a évidemment rien arrangé.
Mais je ne m’attendais pas à être aussi mal physiquement.
Bref, je suis arrivée complètement exténuée. Pas juste fatiguée, pas juste en manque de sommeil : vidée. Les yeux qui brûlent, une sensation d’oppression générale, mal absolument partout et l’impression assez nette que mon corps me présentait la facture des trois semaines précédentes.
Cela ressemblait furieusement à un début de crise de fibromyalgie, probablement déclenchée ou a minima favorisée par l’épuisement accumulé pendant mes vacances qui, rappelons-le, n’en ont absolument pas été.
Pour autant, je n’ai pas passé ma matinée de ce lundi de reprise à contempler mon écran d’un œil de maquereau mort. J’ai épluché mes mails, remis mes dossiers à jour et repris les sujets prioritaires.
Mais je ne suis pas allée voir ma boss bille en tête dès lundi matin, comme j’avais dit que je le ferais. Pas la force. Non, je l’ai simplement croisée dans les couloirs :
— Bonjour, vous allez bien ?
— Bonjour, et vous ?
— Très bien, merci.
Et nous en sommes restées là.
Jeudi matin, en revanche, à 8 h 29 précisément, cela faisait déjà une heure que j’étais sur le pont, lorsque je suis allée la voir sur un dossier. Elle était d’agréable humeur et, pour une fois, nous avons été parfaitement raccord sur le boulot.
J’en ai donc profité :
— Sinon, sur un autre sujet : avez-vous pu voir ce dont on s’était parlé juste avant les vacances ?
— C’est-à-dire ?
— Ma non-augmentation…
— Ah oui ! Non, je n’ai pas pu voir mais je n’ai pas oublié. Je reviens vers vous rapidement.
Pas revêche, pas pète-sec. Elle a même semblé plutôt gentille et concernée.
Je ne sais comment l’interpréter. Si elle avait eu des griefs contre moi, mon boulot, elle me l’aurait dit direct, non ? Donc, je ne sais pas. J’attends. Et si rien ne vient d’ici la fin du mois, je remettrai une pièce dans la machine…
Ah lundi aussi, c’était la rentrée de Raoul qui est passé voir les changements de mon « chantier ». Splendide, le Raoul. Tout bronzé, avec ses yeux bleu clair qui ressortaient particulièrement bien…
Oui, j’avoue, à une époque, j’avais un petit faible pour Raoul. Au grand étonnement général parce que personne autour de moi ne semblait comprendre ce que je pouvais bien lui trouver. Moi, j’aime son calme, son absence totale de goût pour le babillage et j’ai toujours eu un faible pour les gens capables de faire des choses de leurs mains.
Bon, cela m’est passé. Mais c’est vrai qu’il a de beaux yeux.
Bref, lundi soir, nous avons fait le tour. Comme souvent avec lui, je lui ai montré et expliqué les problématiques et l’on a discuté ensemble des solutions les plus simples et, si possible, les moins coûteuses.
Je lui ai d’ailleurs clairement annoncé la couleur : comme je cours un peu après l’argent en ce moment, les 300 euros que je lui avais donnés d’avance pour refaire mes persiennes — qu’il va finalement me rendre et simplement remettre en place — seraient fort bien employés à couvrir la majeure partie des travaux supplémentaires comme… la journée mini-pelle.
En gros, arracher les souches, abattre les arbres morts, même celui qui fait 6 mètres de haut – Pas difficile, faut juste qu’il tombe du bon côté – dixit Raoul, évacuer les branchages, décaisser les 10m² de bosse de terre et de racines de ce punaise de lierre de mes deux…
La mini-pelle : sauveteuse de mes bras-épaules fibromyalgiés et épuisés.
Mais pas tout de suite, ne t’emballe pas, Raoul. Sinon, il faut que je cavale encore pour finir de descendre les derniers trucs et de débroussailler les ronces… Oui, on verra ça en octobre.
Et donc, sauf imprévu, Raoul revient lundi avec au programme : terminer enfin la marquise au-dessus de la porte de cuisine, essayer de comprendre pourquoi le spot extérieur fonctionne un jour et pas le lendemain, sceller la plaque du regard de l’évacuation de la cuisine, fixer le moteur de ma porte de garage, remettre une pente digne de ce nom à l’une des gouttières, recoller son té fuyard et voir ce qu’il peut faire, à moindre coût, pour rendre complètement étanche le toit des appentis.
Si tout va bien, mardi prochain, je pourrai enfin fumer ma clope sur le pas de la porte de cuisine correctement abritée sous ma marquise, sans rentrer mes cendriers chaque fois qu’il pleut trois gouttes, et je pourrai même laisser mon barbecue électrique sur le rebord de la fenêtre.
Mardi prochain, je pourrai enfin ouvrir ma porte de garage avec un bip au lieu de risquer une élongation chaque fois que je bascule à la main cette porte qui pèse le poids d’un âne mort.
Mardi prochain, mes deux appentis seront enfin complètement étanches avec deux gouttières opérationnelles.
Raoul, il dépote. Quand il est là. Mais on approche de la fin, je kiffe.
Et ce soir, changement complet de programme : mini-Braderie de Lille chez Bibi !
Bah ça m’a prise comme ça jeudi, j’ai rameuté la clique, même Dragon Josiane, indiqué que ce serait moules-frites-bières comme à la Braderie, mais qu’on s’abstiendrait de constituer sur ma terrasse le traditionnel tas de coquilles de moules odorantes.
La vraie Braderie de Lille, j’en garde des souvenirs fantastiques. Très arrosés, bien entendu.
Comme le tas d’un mètre cube de cadavres de bières sur le balcon des potes.
Comme les interpellations par la fenêtre de parfaits inconnus : « Hé, biloutes, vous montez boère eune bir ?! » y monter et finir par chanter en chœur « Ah qu’est-ce qu’on est serrés, au fond de cette boîte, chantent les sardines, chantent les sardines »…
Les photos devant chaque tas de coquilles de moules. Les siestes improvisées dans un vieux frigo cassé au coin d’une rue.
Et cette gentillesse authentique et non-feinte d’à peu près tout le monde là-bas. Et la richesse et la diversité de la plus grande Braderie d’Europe, moi qui adore chiner, j’étais au paradis !
Donc ce soir, bradons, les biloutes !

