BICHETTE 2.0   Saison 6

BONNE ANNEE A MOI

« Il fallait m’appeler, je t’aurais emmenée aux urgences ! »

Franklin le voisin, lorsque je lui ai dit tout-à-l’ heure que j’ai failli mourir vendredi soir à cause de Panzani.

 

Dimanche 4 janvier 2026

Je reprends le boulot demain matin et depuis mon dernier post mercredi, bah je n’ai pas fait grand-chose, voire rien du tout. Entre le réveillon sur deux jours et mon intoxication alimentaire qui m’a couchée en chien de fusil sur le canap pendant deux jours, j’ai dû procrastiner force 12.

Aujourd’hui, je vais un peu mieux. Pas suffisamment toutefois pour avoir l’ardeur d’entreprendre quoi que ce soit.

 

Ce réveillon, les réveillons en général… comment dire ?

Bah c’est terminé pour moi.

Celui-là était bien piqué des vers, en plus. Nana, ma belle-sœur qui rentre d’un mois d’hôpital pour une opération de l’aorte, ne supporte pas que Toto, qui a la crève, se plaigne alors qu’elle est, elle, à plaindre, donc ils s’engueulent à tout bout de champ.

Toto, qui doit se faire suivre par un psy car il retombe dans sa dépression morbide, l’opération de Nana ayant fait ressurgir le trauma d’avoir perdu Maman, jongle avec un cocktail d’antidépresseurs et d’anti-anxiolytiques qu’il prend ON et OFF. Ce qui ne fait qu’aggraver son état, et ses sautes d’humeur.

Toto, par ailleurs, qui n’a plus de boulot non plus, après deux mois dans ma boîte. Il avait fait le forcing pour y entrer comme assistant-comptable. Le fait est qu’il n’est pas fait pour ce job, encore moins dans ma boîte, qui est plus que spéciale. Bref, tout ça n’aide pas sa dépression. J’ai peur pour lui, même s’il pourrait aussi se remettre en question pour aller mieux.

Non, la dépression n’est pas une maladie honteuse.
Oui, le choc post-traumatique est réel.
Oui, la médication est parfois à vie — et non, elle ne se prend pas comme un régime Slim-Fast.

Moi, je suis sous Paroxétine à vie pour mon TPB. Accepter de se soigner est un choix. Un choix que Toto prend trop à la légère.

 

Là-dessus, ma nièce et son boyfriend — Hector, mon neveu, venu m’aider à emménager — tiraient la tronche. Ils se sont pris des réflexions parce que, pendant que Nana et Toto étaient à l’hôpital, ils n’avaient rien foutu à la maison. Que c’était sale. Qu’ils auraient pu faire un effort. Sachant qu’ils ne travaillent pas tous les deux.

Oui, à 20 et 22 ans, on glande chez les parents, à bouloter des Kinder et siroter du Fanta devant son téléphone seize heures sur vingt-quatre.

Il est loin le temps où ils cachaient leur relation, suite à la colère dantesque de Nana en septembre 2024 : « T’AS PAS HONTE ?!!! C’EST TON COUSIN, TU TROUVES PAS ÇA MALSAIN PAR HASARD ?!!! JE TE RENIE, TU N’ES PLUS MA FILLE, DEGAGE !!! »

Ils ne sont cousins que par affiliation, aucun lien de sang, mais bon. Et puis, allez savoir, l’été dernier, tout le monde a fini par accepter la situation. Hector vit désormais chez eux comme un membre de la famille.

Je me dis d’ailleurs que je l’ai échappé belle. Ils auraient pu venir s’installer chez moi. Et me connaissant, je leur aurais volé dans les plumes et fait la messe en latin.

Bref.
Ils sont tous chiants, les uns que les autres.

Je les aime, mais je vais mettre de la distance. C’est sûr désormais : plus jamais de réveillon avec eux. Plus jamais de réveillon tout court. Ça m’allait très bien, mon paquet de chips devant Lord Of The Rings.

D’ailleurs, j’ai repensé à mes réveillons d’il y a longtemps, ceux que j’appelais les SRF — Sans Réveillon Fixe. Des amis proches, pas de famille, à rire et festoyer jusqu’à l’aurore. C’était bien, ça.

Cette année, repas terminé à 21h40, glandouillage jusqu’à minuit et karaoké d’enterrement. Les Corons de Pierre Bachelet. Très festif pour un Nouvel An.

 

Et comme si ça ne suffisait pas, mon corps a décidé de s’inviter dans la fête.

Ah, sacrée bolognaise veggie. Ce n’est pas la première fois que j’en mange, mais c’est sûrement la dernière. Ça mériterait même un petit mot à la maison-mère de Panzani pour tromperie du consommateur et mise en danger de la vie des vrais allergiques à la viande. Pas ma faute si je ne suis pas une bobo parisienne persuadée que le soja transgénique brésilien sauve plus la planète que la vache du champ de Bédu.

J’ai vérifié la DLC, au cas où. Tout était conforme.

Résultat : deux jours de vomissements façon L’Exorciste, des crampes, des douleurs abdominales comme si on me lardait le ventre à coups de couteau. Quand ça a commencé à me porter au cœur, j’ai failli appeler les urgences. Puis j’ai imaginé le brancard dans le hall glacé de l’hôpital du coin, où il faut avoir la tête arrachée pour qu’on s’occupe de toi. J’ai reposé mon téléphone.

Rien dans le ventre depuis plus de quarante-huit heures. Chouette. Je voulais justement faire un régime. Là, je viens de manger une banane achetée à U tout à l’heure, et ma foi, ça a l’air de tenir.

Régime banane–compote–riz pour les prochains jours.

 

J’avais pourtant prévu un grand ménage Monk, la rédaction de mes dernières volontés pour le plan obsèques souscrit en juillet dernier, et la consultation des offres d’emploi avec mon beau CV fraîchement mis à jour.

Rien de tout ça.

Écrire, c’est tout ce que je peux faire aujourd’hui. Et c’est déjà pas mal.

Bonne année à moi.

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