Saison 6

COMPROMIS & INONDATIONS

« Je déclare avoir connaissance qu’un délai de rétractation de dix jours m’est accordé par l’article L. 271-1 du code de la construction et de l’habitation, et qu’il court à compter du lendemain de la date de remise inscrite de ma main sur le présent acte, soit à compter du 15 février 2026. »

Voui, voui, je suis déjà en plein aménagement dans ma tête, ce n’est pas pour me rétracter comme un escargot qui a peur de la canicule.

 

Dimanche 15 février 2026

Compromis de vente signé hier, donc.

Un 14 février. D’habitude, cette date m’est plutôt maudite, signe que les choses changent, j’imagine.

Vendredi soir après le boulot, j’ai rejoint sur place un entrepreneur du coin pour un devis travaux. Rien de lourd comme pour les trois maisons « coup de cœur » : tout est neuf à l’intérieur. Plutôt de la cosmétique à l’extérieur et de l’optimisation à l’intérieur. Et comme je n’avais aucune intention de consulter plusieurs corps de métiers, j’ai fait appel à ce gars – appelons-le Raoul – chaudement recommandé alentour, et qui apparemment touche à tout. Parfait.

  • dépose de deux cloisons semi-porteuses entre la salle à manger et la cuisine/entrée principale, avec reprise sols-plafonds-électricité ;
  • installation de l’insert de 400 kg donné par Toto (qui s’est fait installer un poêle à granulés) et tubage de la cheminée ;
  • évacuation et raccordement lave-linge à l’étage dans la BUANDERIE (that’s right, baby, j’ai une buanderie !)

Ça, c’est pour l’intérieur. Le gros du bins, maintenant :

  • élimination d’un énorme laurier-cerise débile planté quasi au milieu de la courette ;
  • pose d’une terrasse bois sur toute la courette ;
  • nettoyage et enduit du mur d’enceinte ;
  • création de prises de courant et d’un robinet extérieurs ;
  • pose de polycarbonate sur l’architecture de la marquise ;
  • motorisation de la porte de garage ;
  • démoussage toiture ;
  • défrichage jardin…

Et je laisse à Hector, qui s’est gentiment proposé, la rénovation de la white-picket fence (le truc très américain qui m’a toujours faite rêver) qui fait un peu la tronche après des années de non-entretien.

Bref. Tout ça doit rentrer dans les 10K€ validé par le banquier. Raoul a l’air d’être arrangeant, en gros, tout ce qui ne rentrera pas dans ce budget, on verra de ‘main à la main’ sans TVA mais en cash. HAHAHA.

Donc, j’attends son devis. S’il passe, je l’envoie au banquier avec le compromis et roule ma poule. L’agence parle d’une signature vers le 20 mai. Raoul estime une semaine à dix jours de travaux. En laissant de la marge, mi-juillet au plus tard, j’aurai déménagé. Et tout le mois d’août pour m’installer.

J’en suis fatiguée d’avance. Excitée, aussi. Car ce n’est pas juste un déménagement, c’est un projet de vie. Enfin, je me pose, et je fais pousser mes racines. Late-bloomer.

 

Ah un mail de Big Boss. Confirmant que mon niveau d’alerte rouge sur un gros dossier ultra-stratégique, n’est pas le leur. Ça fait deux semaines que j’attends après eux car je n’avais pas les infos à mon niveau, et aujourd’hui, ils s’affolent en essayant de m’en remettre la faute sur le dos.

Ma boss m’est d’ailleurs à nouveau tombée sur le poil vendredi :

  • Comment ça, vous n’avez pas le temps ?!
  • Bah j’ai demandé les infos à la comptable il y a trois jours, et elle n’avait pas le temps. Et là, elle me file une pile de papiers qu’il faut que j’épluche, alors que j’aimerais terminer ce dossier de candidature aux Trophées Entreprises de la CCI dont la deadline est le 18 février…
  • Quoi ?! Vous n’êtes pas venue m’en reparler, donc on passe ! Et la comptable ne travaille pas pour vous, à ce que je sache. Décidément, vous avez toujours un problème de priorisation. Donc concentrez-vous sur ce dossier d’assurance et puis c’est tout.
  • Si vous le dites.

Mon dieu qu’ils me soûlent ! J’ai tellement hâte de me barrer de cette boîte au management pourri jusqu’à l’os ! Mais bon, ce n’est pas le moment avec mon projet d’acquisition. Il va falloir serrer les dents encore quelques mois. Bon, j’ai déjà vécu pire, le restaurant, et cette situation putréfiée avec Kévin dont j’ai bien cru ne pas en sortir vivante.

Mais une fois installée, je reprends sans tarder ma recherche d’emploi. Et prépare mon speech :

« Je voulais vous dire qu’aujourd’hui, je ne me reconnais plus dans mon poste. Je vais donc vous laisser, j’ai trouvé un poste où je ne serais pas rabaissée ni maltraitée. Je vous souhaite bonne chance pour mon remplacement. »

Bon, maintenant, il faut que je le trouve, cet autre job. Surtout avec à minima mon salaire actuel. Car j’aurai un crédit immo sur le râble. Allez, haut-les-cœurs, Bibi !

 

Les 20 ans de Ma Nièce le week-end dernier. Comment dire ? Peut-être que je suis devenue une vieille bique aigrie, mais qu’est-ce que j’aurais préféré être ailleurs ! Toujours les mêmes repas, les mêmes gens, les mêmes discussions. Barbant.

Sauf que samedi, il y avait un DJ. Bien loin de David Guetta. Des 33T passés en 78T et vice-versa. Et d’une beaufitude olympique. Oui, je sais, je déblatère. Sans scrupules, maintenant.

Bref. J’ai passé le plus clair de mon temps en cuisine à faire la plonge, ce qui m’emmerdait moins que la salle. Et ai fui vers 1 heure du mat lorsqu’ils ont annoncé le karaoké Michel Sardou-Johnny Halliday-Renaud.

 

Apparemment, ça va mieux entre Toto, Nana et les deux tourtereaux. Ils se seraient parlé, plus ou moins à cœur ouvert, et ils font tous des efforts pour arriver à s’entendre. Ouf ! J’ai bien senti le « Tata, on peut venir chez toi ? ». Là, tout est bien qui finit bien. Surtout pour moi.

Hector aussi a changé. De son propre aveu, travailler lui fait un bien fou : voir des gens, faire quelque chose de sa vie. Sauf que ça pique de se lever à 6h.

Ah oui, c’est plus la même, hein ? HAHAHA.

 

12.30. Allez, je vais me faire des poissons panés et me rouler en boule sur le canap en pensant à mon futur chez-moi. Et me commander des sacs stop inondation à mettre dans le garage, car l’eau monte dangereusement ici…

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