Saison 6

BIG BOSS

« Ne me dis pas que tu ne fumes pas pendant les horaires de travail ?! Parce que tu as été prise en photo par un fournisseur, un ami à moi, tu étais planquée derrière les voitures derrière…»

Big Boss qui s’y met. Chouette.

 

Samedi 17 janvier 2026

Jeudi, j’étais en train de lui faire signer des documents d’un gros dossier sur lequel je m’arrache depuis des mois. Il signait, puis, l’air de rien, il a grommelé :

« Le tabac, c’est pas bon pour la santé. Tu devrais penser à fumer moins. En dehors des heures de travail, tu fais ce que tu veux, mais pendant… »

Au début, je n’ai même pas compris qu’il s’adressait à moi. Puis est venue la question directe. Je n’ai pas menti. Il a conclu par : « Bon. Bah maintenant, tu arrêtes. »

Et il a enchaîné sur le business. Tranquillement. En me demandant mon avis sur le fameux dossier.

Abasourdie.

Je connaissais le tarif. On m’avait prévenue dès le premier jour. J’aurais juste aimé qu’il ferme les yeux, au vu de mon engagement dans sa boîte. Mais je le sais bien : difficile de donner des passe-droits à certains et pas à d’autres.

Bref.
J’aime mon boulot. Mais je n’aime décidément pas le management.

Et si cela ne me convient pas — ou plus — je n’ai qu’à partir. Ce qui relance ce vieux refrain : allons voir si l’herbe est plus tendre ailleurs.

La semaine dernière, j’ai justement passé un pré-entretien avec un cabinet de recrutement.
Poste de Responsable Administratif et Comptable à Paris. Avec des missions de Facility et d’Office Management. Un poste comme je les aime. Une paie comme je les aime. Et surtout, une grosse boîte bien structurée, sans hiérarchie patriarcale tendance régalienne. Comme je les aime aussi.

Télétravail partiel annoncé. En réalité : non.

Faut arrêter, les gars, d’appâter les candidatures avec des mensonges.

De toute façon, je n’aurais pas donné suite. En faisant mes calculs avant l’entretien, le delta de salaire aurait servi au logement sur Paris la semaine — même chez des amis — et au train. Zéro gain. Juste de la fatigue en plus.

Et non.

Non, non, non.

Je ne retourne pas sur Paris.

Mais je n’ai rien perdu. Au contraire.

J’ai postulé « comme ça », avec mon nouveau CV. Et hop, ça tape dans l’œil d’un recruteur. Ça veut dire que mon profil plaît. Et ça, c’est très valorisant.

Bon. Ici, dans ma pampa, ça va être tendu du string. Il va falloir viser les grosses villes dans un rayon de 70–80 bornes, quitte à déménager plus tard.

Qu’est-ce que je serais heureuse de leur mettre dans le nez, à mes boss :

« Je ne vais pas vous dire comment gérer votre entreprise, mais c’en est fini de me gérer, moi. »

Et tant pis pour le Ladoix premier crû qui coule à flots aux déjeuners business.

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